Le 17 septembre 2026, la Maison russe des sciences et de la culture à Paris a accueilli la soirée littéraire et musicale de l’Institut de littérature mondiale Alexeï Gorki de l’Académie des sciences de Russie, intitulée « Les Mondes de Mikhaïl Boulgakov : le Maître et son mystère ».
L’événement s’inscrivait dans le prolongement du programme international célébrant le 135ᵉ anniversaire de la naissance de Mikhaïl Boulgakov, en associant discussion scientifique et concert.
La soirée a réuni des diplomates, des représentants des milieux intellectuels français, ainsi que des étudiants et doctorants en littérature. Rinat Aliaoutdinov, Représentant permanent de la Russie auprès de l’UNESCO, a assisté à l’événement.
La rencontre était modérée par Vadim Polonski, directeur de l’Institut de littérature mondiale Alexeï Gorki, membre correspondant de l’Académie des sciences de Russie et docteur en lettres. Dans sa communication, il a évoqué le parcours personnel et créatif complexe de l’écrivain qui, selon l’expression de Boris Pasternak, ne se laissait pas enfermer dans les cadres sociaux et littéraires habituels de son époque. Une attention particulière a été accordée aux dimensions françaises de l’œuvre de Boulgakov, depuis sa fascination pour l’opéra Faust de Charles Gounod jusqu’à son intérêt pour l’héritage de Molière et ses autres liens avec la culture française.
Ekaterina Dmitrieva a présenté la place particulière qu’occupait Nikolaï Gogol dans la biographie littéraire et personnelle de Boulgakov, qui le considérait comme son interlocuteur et même comme un « fait de sa biographie personnelle ». Les motifs gogoliens se retrouvent également dans Le Maître et Marguerite : dans la figure même du Maître, dans le thème du manuscrit détruit et dans d’autres correspondances artistiques entre les deux écrivains.
Dans son intervention, Marina Arias-Vikhil a retracé la tradition pluriséculaire de Faust, depuis le livre populaire du XVIᵉ siècle et la tragédie de Goethe jusqu’à sa réinterprétation par Boulgakov. La chercheuse s’est particulièrement intéressée à la généalogie littéraire de Woland, à la figure de Marguerite ainsi qu’à la manière dont Le Maître et Marguerite établit un dialogue artistique autonome avec Faust.
Dmitri Tsyganov a analysé les chapitres moscovites du roman comme une représentation littéraire du milieu des lettres des années 1920-1930. L’un des principaux objets de son analyse a été la Maison Griboïedov et son lien avec la véritable Maison Herzen, située boulevard Tverskoï, ainsi que l’opposition entre le système littéraire, avec ses hiérarchies et ses privilèges, et la création libre incarnée par la figure du Maître.
Les différentes communications ont ainsi permis d’aborder l’héritage de Boulgakov sous plusieurs angles : ses sources et ses filiations littéraires, la biographie de l’écrivain, le contexte culturel de son époque et l’environnement moscovite réel auquel ses œuvres ont donné une dimension littéraire.
La soirée s’est poursuivie avec un concert du pianiste Eldaniz Alakbarzade. Il a interprété des œuvres d’Alexandre Scriabine, Sergueï Rachmaninov, Jean-Sébastien Bach, Franz Liszt et Dmitri Chostakovitch.
























