Le 5 novembre, le Centre de Russie pour la science et la culture à Paris a participé à la conférence en ligne « Les Kalmouks pendant « l’Exode russe ». Le 100e anniversaire de l’évacuation de la Crimée ».

La rencontre a été organisée par le Conseil interreligieux de Kalmoukie, le diocèse d’Elista et de Kalmoukie de l’Église orthodoxe russe, le district des cosaques kalmouks de la Grande armée du Don et des associations humanitaires et patriotiques de la ville d’Elista.

Parmi les intervenants de la conférence ont figuré : l’évêque du diocèse d’Elista et de Kalmoukie, archevêque d’Elista et de Kalmoukie Justinian ; le Sajin Lama des Kalmouks, ataman de l’Association de district des cosaques kalmouks de la Société militaire des cosaques « La Grande armée du Don » Erdni Manjikov ; le professeur agrégé de l’Université d’État de Sébastopol, candidat ès sciences pédagogiques Tatiana Vakoulova ; le scientifique émérite de Russie, docteur ès sciences historiques, professeur, chercheur principal au Centre de recherches de Kalmoukie de l’Académie des sciences de Russie Constantin Maksimov ; l’ataman du district urbain des cosaques d’Elista Oleg Kheïtchiev et de nombreux autres personnalités civiles et ecclésiastiques, ainsi que des représentants d’organisations universitaires et publiques.

L’écrivain serbe Sandja Moutchkaeva-Vidanovska a partagé l’histoire de son grand-père, qui avait été emporté par la vague des événements des années 1920 de la Kalmoukie à Belgrade.

Du côté français, à la conférence ont pris part : le descendant d’Alexandre Pouchkine et des princes kalmouks Toundoutoff, baron Serge Graevenitz ; le représentant officiel à l’étranger du Comité synodal pour l’interaction avec les cosaques de l’Église orthodoxe russe, membre de l’Association du souvenir du Régiment des Cosaques de la Garde de Sa Majesté, Alexandre Poustobaev, et le directeur du CRSC à Paris Konstantin Volkov.

Le chef du CRSC à Paris s’est penché sur (lien hypertexte vers le texte du discours) le programme, mis en œuvre et à venir, des événements commémoratifs en France, dédiés au 100e anniversaire de l’évacuation de l’Armée russe du général Wrangel et de la population civile de la Crimée, et a encouragé les participants à la réunion à poursuivre la coopération dans le but d’étudier le destin et de perpétuer la mémoire des participants à l’Exode de Kalmoukie.

À l’invitation du côté français, le directeur de l’Université Polytechnique d’Etat du Sud de la Russie Matveï Platov, ataman de l’Association des cosaques « Platovskoe », candidat ès sciences historiques, professeur agrégé, capitaine en second Ivan Révine est intervenu lors de la conférence. Il a évoqué les contacts instaurés entre le Musée des cosaques du Don de Novotcherkassk et les descendants des cosaques, faisant partie de diverses ONG en France, ainsi que les enjeux de la préservation des sépultures les plus importantes.

L’idée générale de la réunion en ligne sur la plate-forme d’Elista a été brillamment résumée par l’historien, chef du Club historique « Sébastopol Tauride » Vadim Prokopenko : « Le 100e anniversaire de l’Exode ne devrait pas être le point final, mais le début de nouveaux événements commémoratifs et de recherches consacrés à cette époque et au phénomène de la « dispersion » des compatriotes.

Allocution du Chef de la Représentation de Rossotroudnitchestvo en France, directeur du Centre de Russie pour la science et la culture Konstantin Volkov à la table ronde « Les Kalmouks pendant “ l’Exode russe ”. Le 100e anniversaire de l’évacuation de la Crimée »

(5 novembre 2020)

Chers amis, chers participants à la conférence,

Tout d’abord, je voudrais exprimer ma sincère gratitude au Conseil interreligieux de Kalmoukie et à tous les organisateurs pour l’invitation et l’opportunité qui nous est offerte de participer à cette réunion dans la belle salle du Centre spirituel de la cathédrale Notre-Dame de Kazan à Elista.

Un vaste programme d’événements commémoratifs, rendant hommage aux participants et aux victimes du 100e anniversaire de l’évacuation de l’Armée russe du général Wrangel et de la population civile de la Crimée, se déroule aujourd’hui aux quatre coins de notre patrie. Et pour cause : l’ampleur colossale de la tragédie du peuple russe divisé et la guerre fratricide qui a alors ravagé le pays.

À cet égard, permettez-moi de compléter cette présentation par le point de vue de la France.

Paris porte traditionnellement le titre de « capitale de la Russie à l’étranger », car des centaines de milliers d’exilés russes y ont trouvé un travail et un abri.

Rappelons les célèbres lignes du remarquable poète cosaque Nikolaï Touroverov :
Je t’ai donné mes meilleures années,
Je t’ai tout confié, sans rien cacher,
La France, ma terre de liberté,
Ma belle-mère, pleine de gaieté.

Malgré la pauvreté et la misère, les Russes ont vraiment trouvé refuge et liberté en France. Paris est devenu le centre de la vie sociale et politique de l’émigration, de sa riche activité culturelle, du « quartier général » de son armée.

Les ressortissants russes n’ont jamais été des « profiteurs ». Ils ont apporté une énorme contribution à l’économie, à la science et à la culture de la France, ont combattu dans les rangs de ses défenseurs pendant la Seconde Guerre mondiale et l’ont fidèlement servie en temps de paix.

En cette année du 75e anniversaire de la Grande Victoire, il faut aussi se souvenir des exploits des représentants de la première vague de l’émigration russe, qui se sont battus pour leur patrie dans les rangs de la Résistance française : Boris Vildé, mère Maria Skobtsova, Vika Obolenskaïa et bien d’autres héros.

En début de cette année, des descendants d’émigrés russes en France, tout un groupe d’initiative, sont venus dans notre Centre avec une proposition de tenir des actions commémoratives à Paris, à Moscou et à Sébastopol. Hélas, la pandémie de coronavirus a sensiblement ajusté nos projets. Mais déjà en mars, nous avons commencé un travail actif.

Des projections des films russes les plus célèbres, basés sur les œuvres de Boulgakov et de Bounine, ont eu lieu. Elles ont été accompagnées de l’introduction des descendants des participants à l’Exode et de célèbres historiens.

Notre première expérience de production d’un film documentaire, sous la forme d’un dialogue avec des compatriotes, a été accueillie avec grand intérêt. Lors du tournage, des historiens russes de Crimée ont été guidés par des questions préalablement transmises de France et ont donné les informations les plus détaillées sur l’histoire de leurs ancêtres.

Profitant de cette occasion, je voudrais transmettre mes salutations et notre gratitude au brillant historien, spécialiste de « l’Exode russe » Vadim Prokopenko, avec qui nous avons préparé ce film.

En juillet, le Centre a organisé la première française de l’exposition de la Maison des Russes à l’étranger « L’Exode russe. La tragédie et la grandeur (1920–1922) ». Je pense que les participants à la conférence d’aujourd’hui pourraient être intéressés à la consulter sur notre site web.

L’exposition comprend des documents uniques, des photographies et des publications consacrées à deux points importants de l’Exode — la Crimée et le Primorié. Les périodes d’évacuation des troupes russes et des réfugiés vers Gallipoli, Lemnos, Bizerte et Shanghai, qui sont devenus des symboles de courage, de force d’esprit et de volonté de poursuivre la lutte pour la Russie, y sont décrites en détail.

Le matériel de l’exposition a été collecté dans différents pays : l’Australie, la Belgique, les États-Unis, la France, la Suisse, etc.

Le 16 novembre, nous présenterons au public une nouvelle exposition historique et documentaire « Les cosaques pendant la guerre civile. L’Exode ». Bien sûr que la date n’a pas été choisie au hasard.

Les cosaques formaient un groupe assez large et uni de l’émigration blanche.

Lors de l’exposition, seront présentés des documents et des photographies d’archives et de musées fédéraux et régionaux consacrés à l’Exode des cosaques à l’étranger et à la formation de l’émigration cosaque dans les années 1920. Nous abordons également certains des événements des années 30, qui étaient d’une grande importance pour les cosaques.

L’exposition a été conçue par le Comité synodal de coopération avec les cosaques de l’Église orthodoxe russe, les Archives d’État russes d’histoire sociale et politique, la Maison des Russes à l’étranger et le Musée des cosaques du Don de Novotcherkassk.

À cet égard, je voudrais vous présenter l’un de ses organisateurs, … le représentant officiel à l’étranger du Comité synodal de l’Église orthodoxe russe pour la coopération avec les cosaques, membre de l’Association du souvenir du Régiment des Cosaques de la Garde de Sa Majesté, Alexandre Poustobaev.

En décembre, l’événement principal de l’année à Paris était censé être la Semaine de commémoration des événements tragiques de l’Exode russe. Nous nous préparions à organiser un service de prière commune dans les églises parisiennes et toute une série d’événements commémoratifs.

Mais dans le contexte actuel, nous organisons, le 1er décembre, une grande conférence en ligne sur l’Exode, à laquelle nous avons invité des historiens de Russie, de France, de Belgique et même d’Australie. Les destins de leurs parents et de leurs amis seront racontés par les descendants de la première vague de l’émigration : le président de l’Union de la Noblesse Russe, prince Dimitri Sсhakhovskoy, le président de l’association « Société pour la mémoire de la Garde impériale », prince Alexandre Troubetskoy, le descendant d’officiers de marine, chef de l’Assemblée maritime russe en France Alexandre Jevakhoff et bien d’autres.

Vous êtes également invités à participer à cette conférence.

Mon allocution ne serait pas complète si je n’abordais pas le sujet très important de la préservation des sépultures russes de la plus importante nécropole russe à l’étranger, le cimetière Sainte-Geneviève-des-Bois.

Le cimetière Sainte-Geneviève-des-Bois a été créé à la fin du XIXe siècle. Non seulement Ivan Bounine, Andreï Tarkovski, Serge Lifar et Rudolf Noureev, le poète Alexandre Galitch, mais aussi des représentants de différentes vagues de l’émigration, de la noblesse, des milieux militaires et d’autres migrants de Russie sont enterrés ici.

Depuis 2016, la nécropole est entièrement incluse dans la liste des sites funéraires situés à l’étranger qui ont une importance historique et mémorielle pour la Fédération de Russie. Depuis, notre Centre s’occupe de sa sauvegarde.

L’un des projets les plus intéressants à cet égard devrait être la création d’une carte interactive de la nécropole avec la possibilité de la compléter avec des informations et des copies de documents sur ceux qui y gisent par leurs proches, des scientifiques ou des chercheurs.

Chers amis, j’espère que nos informations vous ont été utiles, et nous attendons avec impatience vos projets et suggestions en vue d’une future collaboration, y compris pour la recherche et la préservation de la mémoire des participants à l’Exode de Kalmoukie.

Je vous remercie de votre attention.

Avis de la presse